Menu du Nouvel An lunaire : traditions, transmission et recettes qui ont du sens
- 7 févr.
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Le Nouvel An lunaire (souvent appelé Nouvel An chinois) approche. Et à la maison, je peux vous dire que l’ambiance change très vite. Les discussions commencent à tourner autour des repas à venir, de ce qu’on va cuisiner, de ce qu’il faut prévoir… et de tout ce qu’il y a à faire avant le jour J.
Car le Nouvel An lunaire ne se résume pas à un repas. C’est une période à part, qui se prépare plusieurs jours, parfois plusieurs semaines à l’avance, et qui dure ensuite quinze jours de fête !

Le grand nettoyage : faire place au renouveau
Tout commence par le grand nettoyage. On range la maison de fond en comble, on nettoie, on trie, on jette, on remet de l’ordre.
Ce n’est pas seulement pour avoir une maison propre. C’est surtout une manière de laisser derrière soi l’année passée, d’effacer symboliquement les mauvaises énergies et de faire de la place au renouveau.
Dans la tradition, commencer l’année dans un espace propre et ordonné, c’est se donner toutes les chances de bien la démarrer.
Quand la maison change d’ambiance
Petit à petit, la maison se transforme. On décore avec des symboles de bonheur, souvent rouges, couleur de la chance, de la joie et de la protection.
Certaines décorations sont accrochées à l’envers : un détail qui peut surprendre, mais qui symbolise la chance qui “tombe” du ciel. On ajoute aussi des fleurs, comme les fleurs de prunier ou de pêcher, associées au renouveau et à la prospérité.

Les vêtements comptent eux aussi. On fait souvent un peu de shopping, on s’achète des vêtements rouges, qu’on porte le jour du Nouvel An lunaire pour attirer la chance et commencer l’année sous de bons auspices. Même les gestes du quotidien deviennent plus attentifs, plus chargés de sens.
On prépare également les hong bao, les fameuses enveloppes rouges, remis uniquement aux enfants, aux grands enfants célibataires. On préparait également des jolis paniers de mandarines symbole de prospérité qu'on offrait aux aînés.
Pendant le Nouvel An lunaire, la cuisine devient le cœur de la maison
Pendant cette période, la cuisine devient le centre de tout. On passe beaucoup de temps aux fourneaux, on prépare des plats qu’on ne cuisine presque jamais le reste de l’année, et chaque recette a une signification soit santé, prospérité, bonheur, harmonie, paix.

C’est d’ailleurs ce qui rend le Nouvel An lunaire si particulier : des plats uniques, qu’on attend avec impatience, et qu’on apprécie encore plus parce qu’ils sont rares.
Je pense par exemple :
aux galettes frites à la ciboule, que ma tante préparait à cette période-là,
aux rouleaux frits de tofu, aux textures très spécifiques, croustillants à l’extérieur, moelleux à l’intérieur,
ou encore à d’autres plats emblématiques comme le poulet hainan entier, les poissons servis entiers (symboles d’abondance), ou les raviolis, selon les familles.
Des jours entiers de cuisine et un rituel très fort
Chez nous, c’était souvent une dizaine de plats à préparer. Des journées entières de cuisine, beaucoup d’organisation, un peu de stress aussi (forcément) mais au final, tout se mettait en place. Mon père achetait souvent un cochon laqué entier, ainsi qu’un canard laqué entier, symboles d’abondance et de prospérité.
La grande table en bois se remplissait progressivement, tout au long de la journée, sans que personne n’y touche.
On préparait la table pour les ancêtres :
trois bols de riz,
du vin rouge,
de l’eau,
des fruits,
et l’ensemble des plats, disposés comme une offrande.
Le temps de la prière et des offrandes
Le matin, on priait devant l’autel, souvent placé à l’entrée de la maison. Le soir, on priait à nouveau, cette fois en pensant plus précisément aux ancêtres.
Chaque membre de la famille prenait le temps de prier, avec des bâtons d’encens (trois par défunt), de remercier, de formuler des vœux, et surtout de proposer symboliquement le repas à ceux qui nous ont précédés. On n’avait pas le droit de manger avant la fin de ce rituel. Il fallait attendre que tout le monde ait prié, que ce temps soit respecté.
Ce n’est qu’après que le repas pouvait enfin commencer.
À la fin du repas, on se réunissait dehors pour brûler des papiers symboliques représentant de l’argent, des vêtements, parfois des objets afin que, par la fumée, ces offrandes puissent “monter” et accompagner les ancêtres.
Avec le recul, je comprends que ce rituel n’était pas seulement religieux. C’était une manière de maintenir un lien entre les générations, d’honorer le passé avant de célébrer l’avenir.
Une fête tournée vers le passé et l’avenir
Avec le temps, je réalise que le Nouvel An lunaire parle autant du passé que de l’avenir. On nettoie, on prépare, on honore, on remercie… avant de se souhaiter la santé, l’abondance, la longévité et la prospérité.
C’est sans doute pour ça que cette période est si forte émotionnellement. Parce qu’elle nous oblige à ralentir, à nous reconnecter à nos racines, à nos souvenirs, et à ce qui nous lie les uns aux autres.
Le menu que je propose cette année
Cette année, j’avais envie de proposer un menu plus simple, mais toujours très riche de sens.
Un menu qui reprend l’esprit du Nouvel An lunaire, sans multiplier les plats, mais en gardant l’essentiel :
Une entrée croustillante : des rouleaux frits au porc et au crabe
Un plat plus classique, des nouilles sautées au bœuf, symbole de longévité, avec des légumes colorés pour bien commencer l’année
Des perles de coco, moelleux et croustillant
Ce sont des plats qu’on connaît parfois au restaurant, mais que j’avais envie de remettre dans un contexte familial, fait maison, avec du temps et de l’intention.

🥢 Une entrée qu’on ne fait qu’à cette occasion
Les rouleaux frits au porc et au crabe font partie de ces recettes très particulières pour moi car c'est une recette proposée que dans un cadre familial, vous n'en trouverez nul part ailleurs et qu’on prépare surtout pour les grandes occasions.
Chez nous, c’était une recette familiale, préparée uniquement pour le Nouvel An lunaire. Une entrée croustillante, généreuse, faite pour être partagée.
C’est un plat que je mangeais uniquement à cette période-là, et que j’appréciais d’autant plus.
Quand j’étais plus jeune, je ne pouvais pas vraiment aider ma mère à le préparer. C’était long, fastidieux, le produit était fragile, et pendant longtemps, j’ai eu l’impression que c’était presque une recette secrète.
Ce n’est qu’après des années de discussions avec mes tantes, de souvenirs partagés et de petits détails glanés ici et là, que j’ai enfin réussi à reconstituer la recette. Aujourd’hui, c’est clairement ma madeleine de Proust du Nouvel An lunaire.

🍜 Un plat symbole de longévité
Les nouilles sautées au bœuf sont incontournables pendant le Nouvel An lunaire.Les nouilles symbolisent la longévité, et on évite traditionnellement de les couper trop courtes.
C’est un plat simple en apparence, mais qui demande de la précision :un bœuf bien tendre, des légumes croquants, et une cuisson rapide et maîtrisée.

🍡 Un dessert à partager
Pour terminer le repas, les perles de coco sont un classique des tables de fête. Leur forme ronde symbolise l’unité, le fait d’être ensemble, de partager un moment.
C’est un dessert simple, moelleux, qu’on mange souvent en fin de repas, sans se presser.

Des recettes à venir
Les recettes détaillées de ce menu seront bientôt disponibles sur le blog. Je prendrai le temps de vous partager chaque plat pas à pas, avec mes astuces, mes conseils, et les petites choses qui font la différence.
En attendant, la vidéo vous donne déjà une vision complète du menu, des gestes et de l’esprit dans lequel ces plats sont préparés.
La vidéo du menu du Nouvel An lunaire
Et vous, qu’est-ce que le Nouvel An lunaire représente pour vous ? Les recettes, les traditions, les souvenirs… ou tout ça à la fois ?


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